
Minorque recèle des plages qui ne figurent pas dans les brochures. Y accéder demande un peu de marche — c'est pourquoi elles sont restées intactes —, mais la récompense est immense : silence, eau transparente et sable fin. Je suis Daniel Vaquera, guide officiel local de Voyager Menorca, et je parcours ces sentiers en toutes saisons depuis des années. Voici mon guide direct et pratique pour découvrir quatre joyaux avec des itinéraires, des durées et des conseils réels, ainsi que le contexte qui permet de comprendre chaque crique : pourquoi le sable a cette couleur, d'où viennent les noms et quel jour il est préférable d'y aller. Si vous préférez jouer la sécurité, vous pouvez réserver une visite guidée privée avec moi.
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Idéal : mai–octobre · Difficulté : facile–moyenne · Familles aventureuses
Note sur le naturisme : ces criques vierges sont traditionnellement des lieux mixtes et naturistes-friendly, en particulier Escorxada, Fustam et Pilar. Tout le monde y cohabite naturellement et avec respect : la règle non écrite est la discrétion mutuelle.
Cala Escorxada : la carte postale la plus sauvage du Migjorn
Une crique vierge de sable blanc et fin, d’eau turquoise et d’un amphithéâtre de falaises de marès couronnées de pins. Pas de paillotes ni de transats : seulement de la posidonie, le silence et l’odeur de résine qui descend de la pinède. Comme dans presque toutes les criques du sud, un ravin creusé pendant des millénaires dans la plateforme calcaire débouche ici, et ce ravin est la raison de l’existence de la plage : le sable s’accumule juste là où le torrent rencontre la mer.
Les jours de mer calme, le snorkeling le long des parois latérales est spectaculaire : sars, demoiselles et, avec un peu de chance, quelques vaches de mer parmi les herbiers de posidonie. C’est précisément à cause de cette prairie — qui maintient l’eau si transparente — qu’il ne faut pas mouiller au-dessus ni arracher les restes secs du rivage : la posidonie morte protège le sable des tempêtes hivernales.
- Accès : Camí de Cavalls depuis Cala Mitjana (direction ouest) ou depuis Sant Tomàs par Binigaus (direction est, plus long).
- Temps de marche : 45–60 min depuis Mitjana par un sentier de terre avec une ombre intermittente de pinède.
- Services : aucun (apportez votre eau et votre propre parasol).
- Idéal pour : les couples, les amateurs de snorkeling et les voyageurs tranquilles.

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Cala Fustam : petite, ombragée et très tranquille
Voisine d’Escorxada — elles ne sont séparées que par un seul promontoire —, Fustam est encore plus intime : à peine 30 mètres de sable nichés entre roche et pinède. Son nom vient du bois (fusta en catalan) : pendant des siècles, des criques comme celle-ci ont servi de débarcadères naturels pour charger du bois de chauffage et du bois des forêts intérieures vers des caboteurs. Aujourd’hui, il reste la pinède, qui offre une véritable ombre naturelle — un luxe rare dans les criques vierges — et une petite grotte sur le côté qui enchante les enfants.
L’eau est généralement très protégée du vent du sud et reste calme lorsque d’autres criques du Migjorn sont agitées. Parfaite pour une longue baignade sans hâte.
- Accès : Camí de Cavalls depuis Mitjana, en passant d’abord par Escorxada.
- Temps de marche : 60–75 min au total depuis le parking de Mitjana.
- Services : aucun. Couverture mobile irrégulière.
- Recommandation : levez-vous tôt ; l’ombre de la pinède au petit matin rend la marche beaucoup plus agréable.
Mini-itinéraire du sud : Mitjana → Fustam → Escorxada (une demi-journée complète)
Si vous n’avez qu’une matinée, cette combinaison est imbattable et c’est celle que je propose habituellement lors de mes sorties guidées :
- 8h30 — Garez-vous au parking de Cala Mitjana (arrivez tôt : il se remplit vite). Première baignade rapide à Mitjana ou Mitjaneta avec la crique presque vide.
- 9h30 — Camí de Cavalls vers l’ouest : montée douce entre les pins, points de vue sur les falaises et descente vers Escorxada (~50 min).
- 11h00 — Court saut à Fustam (10–15 min de plus). Longue baignade, ombre de pinède et pique-nique.
- 13h30 — Retour tranquille. Au total : environ 6–7 km, adaptés à toute personne habituée à marcher.
Avec de jeunes enfants, ne prévoyez que jusqu’à Escorxada ; avec des adolescents, l’itinéraire complet fonctionne. Et si la mer est calme, emportez vos masques et tubas : les tronçons rocheux entre les criques sont un aquarium.
Cala Pilar : la côte nord la plus sauvage
Nous changeons de monde. À Pilar, le sable est doré avec des veines rougeâtres, les dunes grimpent la colline et le paysage semble venir d’une autre planète : ici affleurent les argiles et schistes du nord de l’île, les matériaux les plus anciens de Minorque. Le contraste avec les criques blanches du sud est si brutal que, lors de mes excursions, j’ai l’habitude de dire que traverser l’île, c’est voyager 300 millions d’années en une demi-heure de voiture.
La marche d’accès traverse une chênaie ombragée — rare sur la côte — et débouche sur un belvédère d’où la crique apparaît soudainement, avec l’îlot de Ses Salines en arrière-plan. Avec la tramontane, il y a de fortes vagues : ce jour-là, mieux vaut aller au sud. Avec le vent du sud, en revanche, Pilar est un miroir.
- Accès : sentier balisé depuis le parking du Camí del Pilar (route Me-1, déviation à Alfurí).
- Temps de marche : 30–40 min avec dénivelé (le retour monte).
- Services : aucun. Chaussures fermées indispensables.
- Idéal : amateurs de nature, de géologie et de photographie.


Cala Pregonda : sable rougeâtre et eaux calmes
Le classique du nord. Son nom vient probablement de pregon, « profond » dans l’ancien catalan de l’île : la baie s’ouvre, profonde et protégée, avec un chapelet d’îlots qui amortissent les vagues et créent une grande piscine naturelle. La couleur orangée du sable provient de la dégradation des argiles et grès locaux, et au coucher du soleil, toute la crique s’illumine de tons cuivrés qui semblent venir de Mars.
La promenade depuis Binimel·là est la plus douce de cette liste et offre des vues tout le long, avec les anciennes salines et les îlots à l’horizon. Le snorkeling entre les îlots est l’un des meilleurs de Minorque : fonds mixtes de roche et de sable avec beaucoup de vie.
- Accès : depuis le parking de Binimel·là par un sentier balisé du Camí de Cavalls.
- Temps de marche : 20–30 min, facile.
- Services : restaurant à Binimel·là — rien dans la crique elle-même.
- Snorkeling : excellent entre les îlots.
Types de sable : blanc, doré et rougeâtre
La géologie de Minorque divise l’île en deux mondes, et les plages le racontent mieux qu’aucun livre :
- Sable blanc et fin (sud) : il naît de la plateforme calcaire du Migjorn, la Minorque « jeune » du Miocène (environ 20 millions d’années). Escorxada, Fustam, Mitjana ou Macarella en sont les filles : eau turquoise sur fond clair, l’effet « Caraïbes » des photos.
- Sable doré (nord et ouest) : mélange de grès et d’apports de torrents. La Vall/Algaiarens en est le grand exemple.
- Sable rougeâtre (nord) : argiles et schistes de la Tramuntana, les matériaux les plus anciens des Baléares (jusqu’à 400 millions d’années, du Paléozoïque). Pregonda, Cavalleria et Pilar doivent leur couleur à cette Minorque primitive.
Ce contraste géologique — deux îles en une — est l’une des raisons pour lesquelles Minorque est Réserve de la Biosphère depuis 1993.
Quelle crique choisir aujourd’hui ? La règle du vent
À Minorque, le vent décide du programme, et celui qui le comprend ne se trompe jamais :
- Tramontane (nord) : le nord devient agité → allez au sud : Escorxada et Fustam seront protégées et sans méduses.
- Migjorn (sud) : le sud se trouble → allez au nord : Pregonda et Pilar comme des miroirs.
- Calme total : n’importe laquelle des quatre ; choisissez en fonction de la marche qui vous tente.
C’est la même règle que j’explique en détail dans le guide général des plages, avec tableau des vents et l’astuce anti-méduses incluse.
Conseils et quoi emporter
- Chaussures de sport ou de randonnée. Évite les tongs pour les accès.
- Eau (min. 1,5 L par personne), fruits et quelque chose de salé. Il n’y a pas de paillotes.
- Protection solaire : casquette, lunettes et crème biodégradable (la posidonie vous remerciera).
- Serviette légère et sac pour tes déchets. Laisse la crique plus propre que tu ne l’as trouvée.
- Masque et tuba : dans ces quatre criques, ils sont toujours utiles.
- Prévenez quelqu’un de votre plan : la couverture est irrégulière et en basse saison, vous pourriez être seul.
Foire aux questions
Puis-je y aller en transport en commun ?
En été, il y a des bus pour Cala Galdana (pour accéder à Mitjana/Fustam/Escorxada) et pour Es Mercadal ou Ferreries pour le nord, bien que les derniers kilomètres jusqu’aux parkings du nord nécessitent un taxi ou une voiture. Vérifiez les horaires actualisés avant de partir.
Y a-t-il du réseau mobile ?
Variable et parfois limité dans les criques vierges. Préviens quelqu’un de ton plan et regarde la météo avant de partir.
Sont-ce des plages nudistes ?
Il n’y a pas de signalisation officielle : ce sont des criques vierges à ambiance mixte où le naturisme est habituel et accepté, surtout à Escorxada, Fustam et Pilar. La cohabitation est naturelle et respectueuse.
Quelle est la meilleure période ?
De mai à octobre pour la baignade. Juin et septembre sont le point idéal : eau agréable, longue lumière du jour et sentiers tranquilles. En plein août, levez-vous tôt : à 9h00, vous aurez la crique presque pour vous ; à 12h00, non.
Peut-on réserver une visite guidée ?
Oui. J’organise des itinéraires privés adaptés à votre rythme et à votre niveau, en choisissant la côte en fonction du vent du jour. Écrivez-moi par WhatsApp ou consultez nos excursions.
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